thuya géant

Le Cèdre de l’Ouest, le Thuya géant ou Thuya géant de Californie (Thuja plicata), est un conifère sempervirent de la famille des Cupressaceae, originaire de l’Amérique du Nord. Cette espèce est très cultivée comme arbre d’ornement, notamment dans les jardins sous forme de haies.

Il peut atteindre 50 à 60 mètres de haut (7 mètres à 20 ans), avec un diamètre de tronc allant de trois à six mètres. L’arbre peut atteindre 300 à 700 ans. Son feuillage est formé de rameaux aplatis couverts de feuilles en forme d’écailles. Celles-ci sont disposées en paires opposées, les paires successives étant à 90° les unes des autres. Les rameaux sont verts au-dessus, et verts tachés de blanc en dessous. Les cônes de 15 à 20 mm de long sur 4 à 5 mm de large, sont élancés et formés d’écailles imbriquées (1).

Quant au Thuya géant ‘Zebrina’, il présente un port pyramidal large et régulier. Son feuillage est panaché de jaune, très lumineux au printemps et en été, moins coloré en hiver.

 


(1) Notice didactique | Wikipedia

 

un travail de titan

histoires remarquablesL’histoire des Arbres Remarquables en Wallonie débuta par le recensement réalisé par deux fonctionnaires de la Région Wallonne. Dix ans durant, ils arpentèrent prairies, forêts, parcs et jardins à la recherche des Arbres Remarquables de la Région sur base de demandes émanant aussi bien des communes que de privés.

Ce travail de titan permit de répertorier plus de 22.914 Arbres Remarquables, qu’ils soient isolés, en groupe ou alignés. Sur le territoire de Rixensart, ils sont disséminés sur 53 sites différents, la plupart ayant été ‘observés’ en 1997.

Depuis, chacun d’eux dispose d’une fiche signalétique reprenant une description, la localisation, l’état sanitaire, les dimensions et l’intérêt qu’il présente (paysager, taille exceptionnelle, dendrologique, curiosité biologique, historique, folklorique/religieux, repère géographique).

L’officialisation vint quand, le 8 janvier 2013, un Arrêté ministériel approuva les listes communales des Arbres  Remarquables. Il parut le 22 février 2013 au Moniteur belge.

Ce travail représente un véritable outil pour la défense de notre patrimoine arboré remarquable, dorénavant protégé. En effet, toute modification de leur silhouette ou toute velléité d’abattage sont subordonnées à une autorisation délivrée par le Collège communal de Rixensart après consultation des services de la Division de la Nature et des Forêts.

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Liste des Arbres Remarquables répertoriés à Rixensart ⤷ cliquez ici.

l’héritage de Julia Hill

histoires remarquablesAprès avoir visionné l’intéressante série « Histoires d’arbres » diffusée par ARTE (1), je retiens particulièrement l’histoire de l’américaine Julia Hill, rebaptisée par la presse ‘Butterfly’, qui a sauvé de la déforestation un Séquoia Remarquable vieux de plus de mille ans, situé dans le parc national de Redwood en Californie.

En 1997, ce Séquoia géant, ainsi que d’autres séquoias de la même forêt, étaient menacés de destruction par la Compagnie Pacific Lumber. N’écoutant que son courage et très volontaire, Julia choisit de vivre durant 738 jours dans l’arbre qu’elle appela Luna, perchée à soixante mètres du sol, afin d’alerter le plus longtemps possible l’opinion publique. Ballotée jours et nuits sur sa plateforme par vents et tempêtes, accompagnée d’un téléphone et ravitaillée une fois par semaine, elle livra seule un vrai combat qui porta ses fruits puisque l’arbre fut sauvé ainsi que ceux qui l’entouraient sur cette colline. Interviewée après son exploit, elle affirma avec beaucoup d’émotion avoir eu difficile à revenir sur la terre ferme après avoir vécu sur ce Séquoia qui fut pour elle son meilleur ami et meilleur professeur.

Je laisse parler Julia : « Pendant la tempête, je me crispais toute entière. Le vent hurlait, je prenais la neige et la grêle en pleine figure, je ne voulais pas mourir ! (…) Je me suis recentrée sur moi-même. J’ai pensé que la branche qui reste trop rigide se casse et tombe et qu’il faut savoir affronter la tempête de la vie (…). J’ai commencé à ressentir des moments de paix et de beauté et ces moments étaient incroyables (…). Je suis montée dans l’arbre, j’avais 23 ans, quand j’en suis descendue, j’en avais 26. J’avais l’impression d’avoir beaucoup vieilli , cela m’avait tellement transformée ! Ce jour-là, je me suis effondrée, je n’avais pas touché le sol depuis plus de deux ans. Grâce à beaucoup d’amour, d’implication et de courage, mon équipe et moi avions réussi ! »

Quand elle vivait dans Luna, Julia s’est rendu compte que ses contemporains, – c’est-à-dire nous, devaient décider de l’héritage qu’ils laisseraient aux générations futures. Elle espère ainsi qu’elle aura, à sa façon, rendu le monde un peu meilleur.

Berna de Wilde d’Estmael

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(1) ARTE télévision, Histoires d’arbres, décembre 2017
(2) Photo par Thomas DeSoto | Couverture du livre « The Legacy of Luna »

la vie secrète des arbres, conte naturaliste ?

histoires remarquables,la vie secrète des arbresTraduit en 32 langues, le livre ‘La vie secrète des arbres’ de Peter Wohlleben fait actuellement un tabac en librairie. ARBORESCENCE ne pouvait manquer de vous présenter ce conte naturaliste, qui invite le lecteur à une promenade inédite en forêt et à partager le bonheur que les arbres peuvent nous donner.

Qui est l’auteur ? Peter Wohlleben a passé plus de vingt ans comme forestier en Allemagne. Il dirige maintenant une forêt écologique. Dans son livre, ce prodigieux conteur nous apprend comment s’organise la société des arbres et multiplie les anecdotes fascinantes pour nous faire partager sa passion des arbres. Pour l’auteur, les forêts ressemblent à des communautés humaines. Les ‘parents arbres’ vivent avec leurs ‘enfants arbres’ et les aident à grandir. Les arbres répondent avec ingéniosité aux dangers. Leur système radiculaire, semblable à un réseau internet végétal, leur permet de partager des nutriments avec les arbres malades mais aussi de communiquer entre eux. Et leurs racines peuvent perdurer plus de dix mille ans ….  (1).

Pas à pas, comme un semeur de graines, Peter Wohlleben nous révèle le langage des arbres, capables de communiquer entre eux par les odeurs et par les signaux électriques qu’ils émettent, mais aussi par un étonnant réseau racinaire comparable à un ‘Wood Wide Web’, toile souterraine où s’échangent des informations sur les insectes environnants ou la sécheresse du sol. On y apprend comment les populations sylvestres mettent en place des stratégies collectives de défense contre leurs agresseurs, à l’image des acacias de la savane africaine dont les feuilles se gorgent de substances toxiques pour éloigner les girafes qui les broutent, en même temps que la libération d’un gaz avertisseur alerte leurs congénères du danger (2).

Mais …. devons-nous pour autant prendre tout ce qui est écrit dans ce livre pour argent comptant ? La vérité est certainement plus nuancée. C’est ce que pense l’Académie d’Agriculture de France : L’auteur, forestier allemand, fait preuve de beaucoup de passion et d’un sens développé de la pédagogie. Il prend appui sur des observations qu’il a réalisées sur le terrain, souvent dans son ancien district forestier de l’Eifel (Rhénanie du nord – Westphalie), pour soulever de multiples questions pertinentes sur la vie des arbres au sein des forêts. Si son livre a toute sa valeur comme expression de la subjectivité militante d’une personne, il ne peut pas être considéré comme un ouvrage de vulgarisation scientifique (3). En effet, selon l’Académie d’Agriculture de France, nombre de réponses qu’il apporte prêtent malheureusement le flanc à la critique : sources absentes ou non vérifiables, extrapolations non justifiées, interprétations abusives et même erreurs manifestes.

Ainsi, devant le succès du livre, plus de 4 500 signatures de 24 pays ont été recueillies pour une pétition en ligne qui rappelle les médias à accorder plus d’attention à l’examen critique de son contenu professionnel. L’Académie d’agriculture de France invite aussi les lecteurs de ‘La vie secrète des arbres’ à exercer pleinement leur esprit critique face au contenu de cet ouvrage. En total accord avec la position prise par de nombreux universitaires allemands, elle appelle les médias français à le soumettre à un large débat contradictoire donnant toute sa place à la communauté scientifique.

L’Académie d’agriculture de France souligne enfin qu’il existe de nombreuses sources d’information de qualité sur les arbres et les forêts. Elle a elle-même entrepris la publication d’un ouvrage collectif en ligne destiné au grand public et fondé sur la littérature scientifique, intitulé ‘La forêt et le bois en France en 100 questions’, dont elle encourage la consultation (3).

Que penser ? Devant l’enthousiasme des médias et des lecteurs, nous devons exercer pleinement l’exercice critique et espérer qu’un large débat contradictoire donnera toute sa place à la communauté scientifique. En attendant, ‘La vie secrète des arbres’ a le mérite de nous inviter à aimer la forêt et ses arbres, les comprendre et les respecter !

Berna de WILDE d’ESTMAEL

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(1) SENS CRITIQUE, La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben, mars 2017
(2) LE HIR Pierre, La Vie secrète des arbres, best-seller et leçon de bonheur, in Le Monde du 29 mai 2017
(3) ACADÉMIE D’AGRICULTURE DE FRANCE, L’Académie se prononce sur le livre ‘La vie secrète des arbres’, 12 septembre 2017

Les arbres fruitiers, arbres de vie

A l’instar de l’Hanami, la coutume japonaise d’apprécier au début du printemps  la beauté des Cerisiers en fleurs, la communauté juive fête le Tou Bichvat, que l’on appelle aussi le ‘Nouvel An des Arbres’. Cette année, le renouveau de la nature est célébré le 20 janvier et marque en Israël la fin de l’hiver (1).

En Wallonie, les arbres fruitiers sont également considérés comme Arbres remarquables aux conditions cumulatives suivantes (2) : 

a) ils sont menés en haute-tige

b) ils appartiennent à une des variétés visée par l’arrêté du 8 septembre 2016 relatif à l’octroi de subventions pour la plantation d’une haie vive, d’un taillis linéaire, d’un verger et d’alignement d’arbres ainsi que pour l’entretien des arbres têtards (3)

c) ils font partie d’un verger comptant un minimum de quinze arbres fruitiers

d) leur tronc mesuré à cent cinquante centimètres du sol présente une circonférence de minimum cent centimètres.

A Rixensart, le Verger du sentier du Plagniau est un lieu qui se rapproche très fort de ces critères. ARBORESCENCE éditera prochainement une notice dédiée à ce verger exceptionnel dans le paysage rixensartois.

verger du plagniau sentier du plagniau rixensart 1.2019 © eric de séjournet

Verger du sentier du Plagniau à Rixensart
janvier 2019 © Eric de Séjournet


→ OBJECTIF RIXENSART | Verger du sentier du Plagniau


(1) Tou Bichvat, in Wikipedia
(2) Code de Développement Territorial (CoDT) Art IV, 4-7
(3) Arrêté ministériel exécutant l’arrêté du Gouvernement wallon du 8 septembre 2016 relatif à l’octroi de subventions pour la plantation d’une haie vive, d’un taillis linéaire, d’un verger et d’alignement d’arbres ainsi que pour l’entretien des arbres têtards.

qu’est-ce qu’un arbre ?

Un arbre, c’est …

 

 un végétal vivace, ligneux, rameux, atteignant au moins 7 m de hauteur et ne portant de branches durables qu’à une certaine distance du sol (Larousse)

 un végétal ligneux, de taille variable, dont le tronc se garnit de branches à partir d’une certaine hauteur (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales)

 une plante ligneuse terrestre comportant un tronc sur lequel s’insèrent des branches ramifiées portant le feuillage dont l’ensemble forme le houppier, appelé aussi couronne (Wikipedia)

 une espèce végétale capable dans de bonnes conditions de croissance de pousser au moins à 5 m de hauteur (pour les pays en développement) ou 7 m (pour les pays développés) à l’état adulte, ce qui le distingue de l’arbuste dont la hauteur à maturité est comprise entre 0,5 et 5 ou 7 m, et qui n’a pas de couronne définie (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture)(1).

En fait, il n’existe pas de définition universelle de l’arbre. Botanistes, arboriculteurs et forestiers continuent encore de débattre à ce sujet …

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(1) Ainsi, la FAO inclut-elle dans les arbres les espèces non ligneuses : bambous, palmiers.

protéger notre patrimoine arboré

Recommandations pour éviter les dégâts aux arbres (1)

 Prévoir un périmètre de protection de l’arbre. Clôture ou grillage à l’aplomb de la couronne.


 Eviter toute coupe ou élagage drastique. Si des branches sont jugées gênantes ou dangereuses, une taille préventive sera effectuée par des spécialistes.

 Préserver l’arbre des poussières, des fumées et fortes températures provoquées par les feux, ainsi que des gaz émanant de produits toxiques volatils.

 Ne jamais exposer brutalement l’arbre au vent et au soleil en modifiant subitement son environnement.

 Eviter toute pollution du sol par des matériaux ou produits nocifs. A entreposer hors des périmètres sensibles.

 Interdire toute circulation au pied des arbres. Dans les cas extrêmes, placer un dispositif permettant de répartir les charges.

 Ne pas modifier la structure et la nature du sol sans l’avis d’un spécialiste.

 Eviter les coups sur le tronc et l’arrachage des branches que pourraient provoquer les bras et pelles d’engins mécaniques

 Ne pas modifier le relief du sol (remblai ou déblai) sous la couronne de l’arbre.

 Proscrire tout dépôt de matériaux, même provisoire, sur le périmètre des racines.


 Interdire la coupe des racines et privilégier le forage dirigé plutôt que fouilles et tranchées.


 Ne pas modifier les conditions hydriques du sol. Dans les cas extrêmes, compenser par des arrosages fréquents.


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(1) WALLONIE, Préserver les arbres (dépliant de la Direction Générale de l’Aménagement du territoire et de la Direction générale des Ressources naturelles et de l’Environnement)

critères de reconnaissance

Depuis le 1er juin 2017, les communes et le Département de la Nature et des Forêts (DNF), sont confrontés à une modification majeure de la législation wallonne, opérée par l’application du Code de Développement Territorial (CoDT) en remplacement du Code wallon de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme et du patrimoine (CWATUP)(1).

Suivant le nouveau Code de Développement Territorial (CoDT) Art IV, 4-7, mis en application au 1er juin 2017, sont considérés comme Arbres Remarquables ceux répertoriés sur la liste des Arbres Remarquables arrêtée par le Gouvernement (c’est la liste sur laquelle ARBORESCENCE s’appuie pour illustrer et éditer les AR, répertoriés à Rixensart, Genval et Rosières). Cette liste était basée sur les critères suivants :

les arbres en raison de leur valeur esthétique ou paysagère, à savoir les arbres isolés à haute tige ou les arbustes, d’au moins trente ans, dans les espaces ouverts, et les arbres corniers ou de limites

 les arbres qui ont fait l’objet d’une étude ou d’un écrit, et dont mention est faite par avis publié au Moniteur belge

 les arbres répertoriés dans l’ouvrage de Jean Chalon, intitulé « 1134 Arbres Remarquables de la Belgique » (Namur, 1902), et dont mention est faite par avis publié au Moniteur belge

 les arbres répertoriés dans l’ouvrage de l’administration des eaux et forêts, intitulé « Arbres Remarquables de la Belgique » (Bruxelles, 1978), et dont mention est faite par avis publié au Moniteur belge

 les arbres classés ou faisant l’objet d’une procédure de classement, conformément à la loi du 7 août 1931 sur la conservation des monuments et des sites, modifiée par le décret du 28 juin 1976 du conseil de la Communauté française

 les arbres répertoriés, individuellement ou en groupe, sur des listes établies annuellement par communes à l’initiative des fonctionnaires délégués (2).

Le CoDT étend la protection des Arbres Remarquables aux arbres à haute tige dont le tronc mesuré à 150 cm du sol présente une circonférence de minimum 150 cm, pour autant qu’ils soient visibles entièrement depuis un point de l’espace public. Les groupes d’arbres comportant au moins un arbre conforme à ce qui précède sont également considérés comme remarquables.

Les Arbres Remarquables de Wallonie sont cartographiés (voir colonne de gauche ‘SOURCES’) (3).


(1) Code wallon de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme et du patrimoine (CWATUP), Des arbres et des haies remarquables, Art. 266 à 270, version du 29 décembre 2016 (4)
(2) Art. 266 du CWATUP, pour l’application de l’article 84 §1.11

(3) Une légende spécifique et officielle existe. Il convient de distinguer un arbres isolé (symbolisé par un point) d’un groupe d’arbres (symbolisé par un triangle) ainsi qu’un alignement d’arbres (symbolisé par un trait discontinu).
(4) A titre d’information, ARBORESCENCE reprend ci-après dans la rubrique ‘Lire la suite’ les articles 266 à 270 du CWATUP

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